Depuis ce 1er octobre, la Wallonie remplace ses primes rénovation par des prêts à 0 %, avec jusqu'à 50 % à ne pas rembourser. Conditions, montants, démarches.
Cet été, nous vous annoncions les grandes lignes de la réforme. À ce moment-là, le texte n'était passé qu'en première lecture et plusieurs questions restaient ouvertes : les plafonds de revenus, les taux, le sort des appartements. Le 24 septembre, le Gouvernement wallon a adopté le régime définitivement. Les réponses sont là, et elles s'appliquent à partir de ce 1er octobre.
Si vous n'avez que trente secondes : à partir de ce 1er octobre, la Région ne verse plus de primes. Elle finance des prêts, à 0 % pour la plupart des ménages, avec une partie du montant que vous ne devrez tout simplement pas rembourser. En contrepartie, les travaux doivent faire réellement progresser votre logement sur l'échelle PEB.
Le soutien vise les logements les moins performants, avec une logique de « saut de label » :
Des dérogations restent possibles quand le label visé est impossible à atteindre pour des raisons techniques, fonctionnelles ou économiques, à condition de les justifier.
Sur le terrain, ça change la manière de penser un chantier. Remplacer des châssis ou isoler une toiture de façon isolée suffit rarement à gagner deux classes PEB. Le projet doit être pensé d'un bloc : d'abord l'enveloppe (toiture, murs, châssis), ensuite le chauffage et la ventilation. C'est d'ailleurs ce que prévoit le texte : le financement est désormais calculé sur l'ensemble des travaux éligibles, et non plus poste par poste.
Le nouveau régime s'appuie sur deux outils que beaucoup de Wallons connaissent déjà.
Le Rénopack est un prêt à taux zéro, avec une réduction du montant à rembourser qui dépend de vos revenus. Il s'adresse aux propriétaires des catégories C1, C2 et C3 qui habitent (ou habiteront) le logement : vous devez en être titulaire d'un droit réel et vous engager à l'occuper au plus tard 24 mois après l'octroi du prêt. Les multipropriétaires n'y ont pas accès.
Le Rénoprêt est un prêt à taux zéro ou à taux préférentiel, selon la nature des travaux, votre profil et vos revenus. Il concerne notamment les ménages de catégorie C4, les propriétaires-bailleurs, les multipropriétaires et les copropriétés. Contrairement au Rénopack, il ne donne droit à aucune réduction du montant à rembourser, même si vous choisissez des écomatériaux.
Prenons un couple avec deux enfants, propriétaire d'une maison classée F. Ses revenus imposables s'élèvent à 51 000 € par an. Comme on retire 5 000 € par personne à charge, c'est un montant de 41 000 € qui est pris en compte : le ménage se situe donc en catégorie C2.
Il prévoit 60 000 € de travaux : isolation de la toiture et des murs, nouveaux châssis, pompe à chaleur.
Les pourcentages du tableau incluent déjà ce bonus. Sans écomatériaux, comptez 45 % en C1, 35 % en C2 et 10 % en C3.
Cet exemple est indicatif : le montant final dépend de l'audit, des devis retenus et de l'analyse de l'organisme prêteur.
Avant les travaux, un audit logement est nécessaire. Il fixe le label PEB de départ, liste les travaux à réaliser (performance énergétique, mais aussi sécurité et salubrité) et organise les étapes du projet. Bonne nouvelle : son coût peut être intégré au prêt.
Attention au calendrier. Le rapport d'audit doit dater de moins d'un an au moment où vous introduisez votre demande. Si votre audit est plus ancien, il faudra le faire actualiser.
Pour les ménages de catégorie C1 qui n'ont pas d'audit récent, le label PEB pourra être estimé par l'organisme prêteur lors de son expertise. La même possibilité existe si vous demandez en même temps un Rénopack et un Accesspack.
Le nouveau régime ne finance plus des travaux, il finance un résultat. Concrètement, vous signez avec l'organisme prêteur une convention qui fixe comment le saut de label PEB sera vérifié et comment la réduction du montant à rembourser sera appliquée. Si le label visé n'est finalement pas atteint, la réduction tombe : le prêt reste, mais sa durée ou vos mensualités sont recalculées.
C'est une raison de plus pour confier le chantier à une équipe qui connaît les exigences PEB et qui coordonne les différents postes, pour que le résultat final corresponde à ce que l'audit prévoyait.
Les appartements et les copropriétés ne sont pas oubliés.
Pour les travaux dans votre appartement (parties privatives), vous pouvez obtenir un Rénopack ou un Rénoprêt jusqu'à 60 000 €.
Pour les parties communes (toiture, façade, chaufferie collective…), l'association des copropriétaires peut obtenir un Rénoprêt à 0 % jusqu'à 60 000 € par logement, avec un plafond global de 600 000 € pour les immeubles de moins de 20 lots et de 750 000 € au-delà. Un audit spécifique à l'immeuble est exigé, et les travaux doivent suivre ses recommandations.
Les Rénopacks et Rénoprêts seront financés par une enveloppe annuelle fermée, dont le montant est voté chaque année par le Parlement wallon. Une fois l'enveloppe épuisée, il faudra attendre l'année suivante pour obtenir un financement. À ce jour, les montants prévus pour 2026 et 2027 ne sont pas encore connus. Le bon réflexe : avoir un dossier complet (audit à jour, devis clairs) pour pouvoir introduire votre demande tôt dans l'année.
L'ancien régime de primes a fermé le 30 septembre. Si vous avez introduit une demande avant cette date, elle reste traitée selon les règles en vigueur au moment du dépôt.
Vous avez déjà préparé un projet ces derniers mois ? Il peut entrer dans le nouveau régime s'il remplit ses conditions, à une condition importante : les travaux à financer ne doivent pas encore avoir été commandés. Autrement dit, ne signez pas votre devis avant d'avoir introduit votre demande.
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Sources : Cabinet de la Ministre wallonne de l'Énergie et du Logement Cécile Neven, communiqué du 24 septembre 2026 ; Wallonie.be, communiqué du 17 juillet 2026 ; Certinergie, article du 22 juillet 2026 (fin du régime temporaire) ; L'Echo, rubrique « Mon Argent », 26 septembre 2026 ; Trior, article sur la réforme des aides (dossiers introduits avant le 30 septembre).